Données probantes économiques pour appuyer les politiques en matière d’alimentation saine

Découvrez comment les gouvernements peuvent mettre en œuvre des mesures politiques rentables et économiques afin de promouvoir une alimentation saine

Dans cette ressource sur les politiques en matière d’alimentation saine

Quelles données économiques appuient ces approches en matière de politiques sur l’alimentation saine?

Principaux constats économiques Détails
L’étiquetage obligatoire et l’étiquetage basé sur les couleurs de feux de circulation sont, de façon générale, des interventions rentables ou économiques pour améliorer la consommation d’aliments sains dans divers contextes nationaux.
  • Un rapport récent de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a estimé que le rapport coût-efficacité lié à la mise en œuvre d’interventions d’étiquetage des aliments au Canada était inférieur à 50 000 dollars US par année de vie ajustée en fonction de l’incapacité (AVAI) dix ans après la mise en œuvre.
  • Une évaluation de qualité moyenne a conclu que l’adoption d’un étiquetage obligatoire était rentable avec un rapport coût-efficacité différentiel de 5 282 dollars US par AVAI et que cette mesure était économique en Australie et au Mexique.
  • Une étude primaire a permis de constater que l’étiquetage basé sur les couleurs de feux de circulation était rentable et économique en Australie, avec un rapport coût-efficacité de 1 800 dollars australiens par AVAI évitée.
Le rajustement du prix des aliments est rentable pour favoriser une alimentation saine. Cependant, la documentation fait remarquer que l’efficacité des interventions fiscales dépend de divers facteurs.
  • Une évaluation de grande qualité a révélé que la probabilité que les mesures fiscales (notamment la taxation des aliments malsains ou les subventions pour les aliments sains) s’avèrent efficaces et économiques était de 100 % en Australie, au Royaume-Uni et au Mexique.
  • Une étude primaire a permis de constater que la mise en œuvre d’une taxe de 10 % sur les aliments vides était efficace et économique avec un rapport coût-efficacité de 30 dollars australiens par AVAI évitée.
  • Une évaluation et deux études primaires semblent indiquer que les subventions pour les aliments sains ont tendance à être plus efficaces et rentables pour promouvoir une alimentation saine que le recours à des taxes, en particulier pour les consommateurs à faible revenu.
  • Une évaluation de qualité moyenne a indiqué qu’une subvention pour les fruits et les légumes qui réduirait leur prix de 1 % serait associée à une diminution estimée de 6 733 cas de coronaropathie et de 2 946 cas d’accident ischémique cérébral aux États-Unis, à un coût moyen de 1,29 million de dollars US par vie sauvée.
  • Une étude primaire a permis de constater que l’offre d’un rabais de 30 % sur l’achat d’aliments sains à l’aide de bons alimentaires était rentable avec un rapport coût-efficacité différentiel de 16 172 dollars US par année de vie ajustée en fonction de la qualité (AVAQ) gagnée.
  • Une étude primaire comparant des campagnes d’information et des interventions sur les prix a révélé que le rapport coût par année de vie gagnée était le plus faible pour les campagnes d’information (3 000 euros), suivi de la réduction de la taxe sur la valeur ajoutée (99 000 euros) et des bons alimentaires (403 000 euros). On a remarqué que les taxes augmentaient les inégalités en matière de santé, tandis que les bons alimentaires les réduisaient.
Réduire le sodium dans les aliments transformés en établissant des seuils constitue une intervention rentable.
  • Une évaluation de faible qualité a révélé que la réglementation de la teneur en sodium dans les aliments demeure toujours une intervention rentable et économique dans différents contextes nationaux.
  • Une étude primaire a indiqué qu’une diminution de la consommation de sodium établie à 1 840 mg/jour permettrait de réduire la tension artérielle de 5/2 mm Hg pour la prise en charge de l’hypertension, de réduire jusqu’à 430 millions de dollars par an les dépenses de santé annuelles pour traiter l’hypertension au Canada et de réaliser des économies supplémentaires s’élevant à 108 millions de dollars par an par l’intermédiaire d’une baisse des dépenses consacrées aux services médicaux et de laboratoire.
  • Selon une étude primaire, on a estimé qu’une diminution de la consommation de sodium de 1 g par jour et le remplacement de 1 % de l’apport énergétique issu des graisses saturées par des graisses polyinsaturées pourraient réduire considérablement les taux de maladies cardiovasculaires en Finlande et représentaient une économie s’élevant jusqu’à 225 millions d’euros.
  • Une étude primaire a permis de constater qu’une diminution de la consommation de sodium donnait lieu à un gain d’AVAQ de 1,3 mois et à des économies de 32,1 milliards de dollars US au titre des frais médicaux assumés par les adultes américains âgés de 40 à 85 ans au cours de leur vie.
  • Selon une étude primaire, une diminution obligatoire de 35 % de la teneur en sodium dans tous les aliments emballés, les repas-minute et les repas au restaurant entraînerait une augmentation nette de 235 000 AVAQ.
Des données probantes semblent indiquer que les programmes de promotion de la santé en milieu de travail qui intègrent des interventions axées sur l’alimentation et l’activité physique (p. ex. aliments plus sains offerts dans les cantines ou les distributeurs automatiques des lieux de travail) sont vraisemblablement rentables.
  • Une évaluation de qualité moyenne a indiqué que ces programmes en milieu de travail donnaient lieu à une réduction du poids, avec une fourchette de rapports coût-efficacité allant de 1,44 dollar à 4,16 dollars par livre de poids corporel perdu.

Référence

1 Waddell, K., Wilson, M. G., Panchal, P. et Mattison, C. A. (2018, 29 mars). Rapid synthesis: Identifying effective and cost-effective population-level approaches to promote healthy eating. Hamilton, Ontario : McMaster Health Forum.