Parcours de dépistage par détection du VPH et de suivi

Favoriser la mobilisation des partenaires et des communautés

quatre partenaires et une patiente

Recommandation : Tout au long de la planification et de la mise en œuvre du dépistage primaire par détection du VPH, établir et maintenir des partenariats constructifs et permanents avec les groupes en quête d’équité qui sont mal desservis par le système de santé, et avec les partenaires du dépistage du cancer du col de l’utérus.

Principales données probantes et considérations relatives à la mise en œuvre :

  • En mobilisant les partenaires communautaires pour comprendre leurs besoins particuliers, on fera progresser l’équité et on mettra en avant des stratégies communautaires favorisant l’adoption du dépistage et la participation au processus. Les groupes concernés pourraient, par exemple, être sollicités pour comprendre l’acceptabilité et la faisabilité de l’autoprélèvement et les différentes options de sa mise en œuvre.
  • Les territoires de compétence pourraient dialoguer avec les partenaires communautaires en formant des comités consultatifs ou des groupes de travail, composés de représentants clés des groupes concernés, ayant pour mission de superviser et d’orienter les décisions prises à chaque étape de la mise en œuvre du dépistage primaire par détection du VPH.
  • La mobilisation communautaire devrait prendre place dès la planification et se poursuivre tout au long des étapes de mise en œuvre, d’évaluation et de suivi, afin d’intégrer les expériences, les priorités et les valeurs des groupes marginalisés, tout au long du processus d’élaboration conjointe.
  • On déterminera les groupes qui, dans les régions ou les territoires de compétence, font face à des inégalités en matière de dépistage du cancer du col de l’utérus, on collaborera avec eux pour mettre en évidence les obstacles rencontrés et on élaborera, conjointement, des ressources et des méthodes pédagogiques visant à promouvoir l’accès au dépistage.
  • On mobilisera les groupes minoritaires en matière d’identité de sexe et de genre (par exemple les populations transgenres, de genre divers et non binaires), avec lesquels on collaborera afin d’élaborer conjointement des ressources qui leur sont propres et qui sont en mesure de favoriser leur participation au dépistage du cancer du col de l’utérus.
    • Les données probantes montrent que les populations transgenres sont moins susceptibles de participer au dépistage de différents cancers, notamment celui du col de l’utérus1,2. La collaboration avec les personnes transgenres et avec celles appartenant à d’autres groupes d’identité de genre afin d’élaborer des ressources qui leur sont propres est susceptible d’améliorer leur taux de participation au dépistage du cancer du col de l’utérus.
  • On collaborera avec les populations et les groupes en quête d’équité qui sont souvent mal desservis par le système de soins de santé et on les mobilisera afin de s’assurer que leurs préoccupations, leurs valeurs et leurs préférences sont prises en compte tout au long du processus de mise en œuvre.

Exemples de groupes et de populations mal desservis par le système de santé3

  • Personnes à faible revenu
  • Personnes immigrées et réfugiées récentes
  • Personnes appartenant à des minorités raciales ou ethniques
  • Personnes appartenant à des minorités en matière d’identité de sexe et de genre
  • Personnes appartenant à des groupes culturels particuliers
  • Personnes touchées par une maladie mentale
  • Personnes présentant un handicap physique
  • Personnes vivant dans des collectivités rurales ou éloignées
  • Personnes en situation d’insécurité alimentaire ou de logement
  • Personnes n’ayant pas de FSP attitré
  • Personnes dont la langue maternelle n’est ni l’anglais ni le français

Recommandation : Mobiliser les collectivités et les organisations des Premières Nations, des Inuits et des Métis à chaque étape de la mise en œuvre4.

Principales données probantes et considérations relatives à la mise en œuvre :

  • On établira des relations de confiance avec les collectivités et les organisations des Premières Nations, des Inuits et des Métis, donnant lieu à des occasions de mobilisation à chaque étape de la mise en œuvre, et permettant aux partenaires de comprendre comment leurs commentaires seront utilisés4.
  • Afin de maximiser l’adoption du dépistage, on travaillera avec les partenaires pour créer des démarches propres aux Autochtones, fondées sur la réconciliation, pour la mise en œuvre du dépistage primaire par détection du VPH et l’élaboration de ressources pédagogiques5

Recommandation : Établir des liens solides entre tous les échelons de soins de santé pour assurer la continuité et l’exhaustivité des soins6.  

Principales données probantes et considérations relatives à la mise en œuvre :

  • Bien que la stratégie puisse varier d’un territoire de compétence à l’autre, chacun d’entre eux devrait élaborer une stratégie de communication claire entre les différents échelons de soins de santé.
  • Les soins pluridisciplinaires (dans le cadre desquels des professionnels provenant de tous les échelons de soins travaillent aux côtés des participantes au dépistage) présentent de multiples avantages, notamment l’amélioration des soins dispensés, la mise à disposition de pratiques exemplaires, l’amélioration du bien-être et de la satisfaction des patientes, le raccourcissement des temps d’attente pour des consultations et des interventions chirurgicales appropriées et la réduction des services fournis en double7.
  • On envisagera notamment, dans ce cadre, de mobiliser les groupes suivants du secteur des soins de santé : les programmes de dépistage; les ministères provinciaux ou territoriaux, ou des services gouvernementaux; les FSS, comme les médecins de famille, les infirmières praticiennes, les gynécologues, les pathologistes et leurs organisations professionnelles (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, Association canadienne des pathologistes, sociétés médicales, etc.); les laboratoires et leur personnel; des représentants provinciaux en matière de vaccination contre le VPH; la santé publique; des groupes d’intérêt liés au cancer, notamment la Société canadienne du cancer, ainsi que des groupes et des organisations communautaires, et des représentants du public8.
  1. Lofters, A. et Kiran, T. A tool for healthcare professionals: Improving cancer screening rates in your practice and reducing related disparities. Disponible à l’adresse (en anglais seulement) : https://maphealth.ca/wp-content/uploads/2019/11/MAP-toolkit-for-health-care-professionals-Improving-cancer-screening-rates-in-your-practice-and-reducing-related-disparities.pdf.
  2. Action Cancer Ontario. (2019). Données sur le cancer en Ontario : New policy addresses cancer screening inequities in transgender people. [Consulté le 25 avril 2022]. Disponible à l’adresse (en anglais seulement) : https://www.cancercareontario.ca/cancer-facts.
  3. Partenariat canadien contre le cancer. (2020). Dépistage du cancer du col de l’utérus au Canada : analyse de l’environnement 2019-2020. Toronto, Ontario : Partenariat canadien contre le cancer.
  4. Henderson, R. I., Shea-Budgell, M., Healy, C. et coll. (2018). First Nations People’s perspectives on barriers and supports for enhancing HPV vaccination: Foundations for sustainable, community-driven strategies. Gynecologic Oncology, 149(1), 93-100. https://doi.org/10.1016/j.ygyno.2017.12.024.
  5. Partenariat canadien contre le cancer. (2021). Interventions axées sur l’équité visant à accroître la participation au dépistage du cancer colorectal : ressource pour les programmes. Toronto : Partenariat canadien contre le cancer. Disponible à l’adresse : https://dev.partnershipagainstcancer.ca/fr/topics/equity-colorectal-cancer-screening/.
  6. Organisation mondiale de la Santé. (2021). Lignes directrices de l’OMS pour le dépistage et le traitement des lésions précancéreuses pour la prévention du cancer du col de l’utérus, 2e édition.
  7. Gouvernement australien. Optimal care pathway for women with cervical cancer. Disponible à l’adresse (en anglais seulement) : https://www.cancer.org.au/assets/pdf/cervical-cancer-optimal-cancer-care-pathway.
  8. Partenariat canadien contre le cancer. (2016). National guidance document on HPV testing for primary screening of cervical cancer.